

L'organisateur cherche des groupes locaux pour aller au casse pipe en ouverture de Starshooter, Téléphone et Bijou.
Le bruit court dans la ville, deux garçons une fille, se présentent, donnent rendez-vous à Ludo (l'organisateur) dans un garage, quartier ZUP Europe.
A trois dans les WC venait de naître.
photo : reno/jeannine/gégène.
De début juillet à mi-août, ils répètent et composent un répertoire qui sera joué au Festival de Lesdins début septembre 78 devant plus de trois mille spectateurs.
Ils viennent de se rencontrer, et n'ont jamais joué ensemble. Ils sont cinq :
- Jean-Christophe dit "Gédéon" dit GGN (1959) batterie et percussions.
- Eric(1958): basse
- Jeannot(1957) : guitare
- Jeannine aka Françoise(1958) : claviers, guitares et chant
- Reno(1960) : guitare et chant
Extrait de presse :
Par contre, " A trois dans les WC ", lui, possède une image. Et une solide.
Un très jeune chanteur, félin, brun et sensuel bardé de cuir, la dégaine agressive, le regard méchant porté par des épaules encore frêles, une attitude scénique ultra-provocatrice.
- " Vous aimez la campagne ? Moi pas, je préfère les usines… "
- En un mot tous les ingrédients nécessaires pour faire une rock-star.
Et sa voix me direz vous ? Une bonne voix, sans plus, mais il faut savoir que le rock entre dans une époque où l'image d'un groupe est aussi, sinon plus, importante que ses possibilités musicales intrinsèques.
A ce niveau " A trois dans le WC " a tout compris.
Cela transparait dans leurs tenues vestimentaires : Gédéon, le batteur fou (mais techniquement excellent) ne quitte jamais son abominable gabardine crème ni ses petites lunettes rondes d'intellectuel de gauche ; la chanteuse-organiste est attifée d'une détestable combinaison de mécanicien.
Musicalement, " A trois dans les WC " a choisi la voie du novo-rock comme dirait l'illustre critique de notre confrère Rock et Folk, Yves Adrien. On sent une forte influence de Devo, des Diodes aussi, mais parfois de Can. Le mélange est étrange, surprenant. Beaucoup d'idées personnelles également, une reprise fantastique des " Elucubrations d'Antoine ",
- " le premier baba " comme l'a annoncé le chanteur.
" A trois dans les WC " n'est pas écologique. Il est provocateur. Il n'est pas sympathique. Ces trois raisons accumulées ont fait hurler de rage les quelques vieux hippies présents dans la foule.
Grâce à " A trois dans les WC ", on s'est rendu compte que l'époque de Woodstock était révolue.
Et tant mieux. " A trois dans les WC " n'est pas au point musicalement car il n'a que deux mois d'existence, mais sa force vient du fait qu'il soit terriblement actuel.
Peut être même un peu trop en avance…..
R.K.K . Libération (sept 78)

Enregistrement de 2 titres dans le studio du Manoir à Gumery/Aube.(à coté de Nogent-sur-Seine tjs dans l'Aube), avec Alain Azema le boss du Manoir. Aujourd'hui, Alain s'occupe du comique : "TEX".
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Recherche frénétique d' un moyen de presser du vinyl, et rencontre de F.V.L.M, des concerts à droite, à gauche.
Et là, pof, c'est déjà Noël et le nouvel an
déjà 1979
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presse fin 78
DES TROUVAILLES
ET DE L'AUDACE
« A trois dans les WC » partent d'un peu plus loin mais nul doute
qu'ils vont faire de gros progrès pour recoller le peloton de tête
du rock français. Maintenant que la voie est tracée et sérieusement
dégagée, il suffit d'une bonne dose d'inspiration, de textes
dévastateurs, d'une musique solide qui passe la rampe, de musiciens
qui ne se contentent pas de plaquer des accords, mais qui « jouent »
vraiment, et puis un style, quelque chose de novo, je veux dire de nouveau,
qui fait qu'on ne confond pas le groupe avec celui qui est passé avant
ou après; Il paraît que « A trois dans les WC » c'est
tout cela et plus encore, qu'ils sont spontanés et puis sincères
; des enfants de la ville, de la ZUP qui jouent un rock gras et dur, plein
de contradictions (« on est à la fois bien dans la ville et révolté
contre les agressions qu'elle représente ») ; leur premier simple
est à leur image, imparfait mais rempli de trouvailles musicales et
d'audaces dans les paroles, bref un bel essai qu'ils ne devraient pas manquer
de transformer demain soir au Splendid.
/Aisne nouvelle / 12.78
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Les lumières s'éteignent
en douceur, « A trois dans les WC », le groupe local qui assure
la première partie du spectacle (Starsooter au Splendid a Saint-Quentin
/ décembre 1978), arrive sur scène. Reno, le guitariste chanteur,
est en avant. Gédéon, le batteur, se cale avec flegme derrière
ses caisses. Eric, le bassiste, ajuste ses lunettes noires (c'est important
l'apparence d'un groupe !!! . Jeannine, l'énigmatique organiste, lance
un thème et la ronde musicale enfle dans l'atmosphère à
grands coups de tempos binaires.
Aujourd'hui, « A trois dans les WC » est plus professionnel. Par
rapport à sa prestation brouillonne ( mais énergique) du festival
de Lesdins, on se rend compte que la formation a mûri.
« A trois dans les WC » a choisi un style qui n’est pas
des plus facile : le rock froid, mi-synthétique, mi –«
and roll » . On pense souvent à Talking Head, parfois à
Devo et lorsque Jeannine quittera son clavier pour chanter, c'est presque
le fantôme de Nico et du Velvet Underground que le public a devant les
yeux.(Décembre78)
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Dernièrement, Pogo veille à l'assainissement des ondes radiophoniques, sept jours sur sept, et Vide Ordure (alias Maneval), donne le dernier coup de balai, toutes les nuits sur Europe 1. Rien de neuf de ce coté, sinon les déclarations brèves mais en directe de « A trois dans les WC », un nouveau groupe de la région de Saint-Quentin, dans le nord de la France. Ils sont en fait cinq musiciens à uriner du rock dans une pissotière de province (à noter en passant que les pissotières sont en voie de disparition et par voie de conséquence, devenues des sites protégés) . Mais « A trois dans les WC c'est des idées et de l'humour qui leur valurent un franc succès au Festival de Lesdins
automne 1978 :jeannine - reno devant gégène aux drums - eric à droite
- photo du premier concert de La Neuville les Dorengt chez Phillipe Bronsin, au Crock Rock. Début d'une collaboration en alternance avec Phiphi , et formation rock' n' rollienne pour son frère Jean-Michel alors tout "petiot", mais déjà participant.
sur la photo, le guitariste, Jeannot, est absent.
la plupart des photos de 78 et 79 sont de Sherrif Frihia, depuis émigré à Grasse.
Après le festival de Lesdins, retour en cours,
mais après le bac, l'université, - 3 à Paris, 1 à
Lille, 1 à Saint-Quentin, durant la semaine.
C'est décidé, le week-end, répétitions. Reste
à trouver un lieu.
Ludo, le sixième larron, organisateur du festival de Lesdins, habite
une petite maison dans un quartier ouvrier proche de la ZUP. Il y a un ancien
atelier d'artisan empli de cartons. Nous faisons de la place, nous insonorisons
avec les cartons,nous installons le matériel, et voilà une salle
de répétition.
[photos 80]dans la salle de répète
Dès novembre, le besoin urgent de presser un vinyl : un "single".



Courant 77, à Saint-Quentin (en Picardie), les groupes de rock pullulent.
Entre autres, Kannabis, formation classique avec deux guitaristes / chanteurs (une fille et un garçon) une basse et une batterie + K2, deux garçons fêlés avec postes à galène, guitares jouets, et bricoles diverses, plus d'autres qui n'entrerons pas dans notre histoire.
Lors d'une fête paroissiale, en 77, ces musiciens se croisent, se mélangent autour d'un lumchi, et, tout le monde retourne au lycée pour passer le bac.
A l'école de musique, un jeune violoncelliste brûle ses gammes et rencontre la guitariste de Kannabis, qui est aussi pianiste. Etc....................