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"c'est mieux et plus joli si tu appuis sur F11"


c'est fini . . . ! ! !

 

La Machine Infernale - CBS 25851

Vous ne pouvez pas rater la pochette chez votre disquaire favori. Les deux mains rouge sang rassemblées comme pour une offrande, attirent inévitablement l'oeil. Répulsion assurée. Une victime de la machine infernale, pense-t-on au premier coup d'oeil. A tord. Un second regard révèle une boule de matière végétale colorante posée sur des mains faussement sanglantes, et derrière, floues, des jambes peintes. Cérémonie secrète chez les Indiens d'Amazonie.

Au verso , les WC (désormais réellement trois) se fendent la pipe. Avant même d'avoir d'avoir écouté leur second album, ils vous ont eu. Le ton est donné. Violent et ludique, d'une saine perversité. D'un esprit proche de celui d'un film comme "Eraserhead", où l'étrangeté le dispute à la séduction.. Ce n'est certainement pas par hazard qu'on trouve sur "La Machine Infernale" une reprise de "In Heaven""", la chanson de ce film, hantée à souhait et grinçante en diable. L'autre reprise du disque, "2000 Light Years From Home", est tout aussi révélatrice: les Stones (pour le rock) de "There Satanic Majesties Request" (pour la folie). Reprise d'ailleurs aussi personnalisée (cannibalisée) que celle de "Satisfaction" par les Résidents, dans un autre genre.

Parce que les WC ont désormais trouvé un son qui ne ressemble à nul autre, un son sacrément touffu, où aucun instrument finalement n'est prépondérant, même pas les claviers de Jeannine,pourtant drôlement savants, entremêlants lignes de piano swing et simples, orgue presque churchy et synthés crissants. Ils doivent souvent s'éffacer derrière les traits de guitare tendus de Renaud, la basse éléctrocutée d'Eric ou les soubressauts rythmiques de la Linn Drum machine qui n'est pas prise comme une sage mécanique. C'est qu'elle a été programmée par un trio de maniaques, pas par des informatitiens épris de logique, et on n'a jamais entendu ça. Ca peut être elle, la machine infernale. Ou la "Cadillac", la Locomo, autant de monstres prèts à dérailler, symboliques du sexe et de la mort, accouplés avec une rare brutalité qui n'exclut pas cependant la délicatesse, c'est encore ce que véhicule la voix de Renaud, , à l'interieur d'une même phrase, qui peut s'ouvrir dans un cri et s'achever dans un murmure. Pas une belle voix, mais une voix formidablement expressive pour vous faire partager le vertige des extrêmes.

"La Machine Infernale" est un disque singulier, et d'une force à mille lieues du tout-venant. Pas seulement français: en général. Un de ces disques inespérés et, il faut bien le dire, quelque peu magiques qui semblent dépasser jusqu'à leurs créateurs.

Rock n' Folk - Thierry Chatain. -avril 84-

Un de ces disques qui va du pénible au génial. Une façon d'exprimer le meilleur et le pire. Voyons déjà le pire, comme ça on n'en parle plus. Reprendre "2000 light years from home", c'est s'exposer à explorer le SWING monumental, hénaurme, qui donne sa substance phénoménale et cosmique à l'original des Stones de "Satanic Majesties", qu'on aime tous aussi beaucoup. Un problème de RYTHMIQUE. Celle des WC 3, elle est pesante et violente comme un Killing Joke. Mais ça fonctionne sur les perles Killer. Il y en a. Genre archi speed punk avec des ambiances terribles. Ca il sont forts pour les ambiances. C'est ça leur truc, leur substance à eux. Ca fait passer le charme du chanteur, ses mots bizarres. Et les machines infernales de Jannine assurent toujours une ambiance terrible. D'ailleurs la rythmique au son anglais un peu froid se réchauffe en des envollées salutaires, sur plusieurs titres. En fait, WC 3 souffrent plus d'une image par rapport à l'intensité plus explicite de leur musique. Ils ne sont pas les seuls. Eux au moins font bien ce qu'ils font, leurs oreilles chopent les vibrations en direct de l'Angleterre, qui se trouve juste de l'autre côté de la rivière à Saint-Quentin, dans le Nord, leur patrie. Leur truc est remarquablement moderne et bien foutu. Alors si vous aimez les ambiances, les mots paraphrasés sur fond de chaos subtil, c'est pour vous. Et tirez la chasse d'eau sur leur nom pas vraiment sexy !

Bruno Blum - Best -

Tendances + - fanzine de Caen -

T+ : A 3 dans les WC, un nom pas trop commercial d'après CBS...

Jeannine : Je pense qu'au départ, ils ont pensé le contraire car ils nous ont signé.

T+ : peux tu expliquer comment ça c'est fait ?

Jeannine : c'est très simple, on a envoyé une maquette à toutes les maison de disques, et c'est CBS qui nous a retenus.

T+ : au début vous étiez 5, et maintenant vous ètes réduit à 3 ...

Jeannine : on avait un autre guitariste qui est parti au bout de trois mois, ensuite on s'est retrouvé à 4 et le batteur s'est cassé juste après Moderne Musique.

T+ : chez les mormons ?

Jeannine : chez les mormons. Il a eut une révélation !

T+ : maintenant en 84, il y a La Machine Infernale ...

Jeannine : oui, en fait on a l'esprit assez visionnaire, La Machine Infernale est notre symbole : sexe et mort. Nous on prend le pouvoir par le sexe. La Machine Infernale, c'est aussi notre Line Computer, ce que l'on a vécu. Les autres albums étaient des retranscriptions de ce que l'on pensait, La Machine, elle est la retranscription de ce que l'on vit. Au début les WC racontaient des fantasmes, des histoires non vécues. Par contre La Machine Infernale, c'est plein de choses dont on s'est débarasé. On y a tout mis avec notre sensibilité, avec notre brutalité. Les WC c'est une ambiance, on essaye de transmettre aux gens ce que l'on ressent.

T+ : les textes c'est Renaud qui les écrits ?

Jeannine : oui, mais c'est vécu au départ, c'est un peu tout le monde qui les créent. En fait, ce n'est pas que son trip.

T+ : les gens ici, c'est quoi ?

Jeannine : le nord c'est le travail, les zombies, c'est très machines. Quand tu vas chez moi, c'est machine, j'ai vécue toute mon enfance dans une ambiance de machines d'engrenages, de mécaniques. C'est très marrant d'en arriver là, à La Machine Infernale, c'est le hazard. Mais moi, j'ai toujours vécue là-dedans; j'ai des souvenirs d'odeurs, de merde, je ne pouvais pas aller au chiottes après mon père, ça puait trop l'odeur de l'huile, de la mécanique..., ça m'est toujours resté ! (rires)

T+ : et la formation du groupe?

Jeannine : j'ai rencontré les WC à un concert de Starshooter, enfin, ce sont eux qui se sont rencontrés, moi je n'y été pas ... disons que j'y étais,...en esprit. Après ce concert, on a senti qu'il fallait faire quelque chose, c'était juste après 77, on avait l'impression que c'était simple et marrant, on voulait faire une musique qui nous soit propre. Et il y a eut des reprises, les élucubrations d' Antoine par exemple, ...qu'on avait surnommé les électrocubrations bip-bip. C' était la période punk, il y avait eut cet aspect robotisation/éléctronique/mécanique de la période Kraftwerk, et qui a d'ailleurs disparue. Maintenant c'est tout le contraire, on en revient au côté barbare, complètement terre à terre de la chose. On est passé d'un extrême à l'autre en quelques années. On entend parler de "rock gothique", de "trash rock", ...

T+ : dans un article de 80, on parle de vous comme étant un petit groupe punk, le punk vous a-t-il influencé à vos début?

Jeannine : ah! nos influences.... c'est difficile à dire, autant influences musicales que littéraires. Regardes Bowie, il évolue constamment, c'est ce qu'il faut, il faut savoir se remettre en question!

T+ : quand on compare Poupée BeBop à Gazoline, on sent un changement de son, une évolution...

Jeannine : Il y a plusieurs phénomènes explicatifs, on a plus de matériel, on a enregistré dans un studio 24 pistes, on a eut beaucoup plus de moyens, et, on a aussi progressé, on a enfin trouvé un son, notre son.

T+ : vous répétez où ?

Jeannine : à Paris, au studio Parisien, là ou répète aussi Kas Product, Johnny Thunder, ainsi que les autres groupes qui joueront à Bourges. On passera le 5 avril et on sera filmé par Maneval pour son second Méga-fun.

T+ : avec les TV, ça se passe bien?

Jeannine : on a fait une vidéo régionnale pour FR3 Amiens sur 2 titres : In Heaven et 2000 sex years from home.

T+ : dans In Heaven, on vous entend vous fendre la gueule...

Jeannine : oui, ça a un côté très cynique, quand les WC se marre ça devient brutal. En fait, Eric chante très sérieux son truc : In Heaven Everything Is Fine, nous on arrive petit à petit, on se moque de lui, en fait ce n'est pas de lui, mais de ce qu'il chante, de cette naïveté. On pourrait dédier cette chanson à notre ancien batteur...

T+ : Jean-Christophe est parti chez les mormons et ensuite il y a eut Abel, maintenant une linn...

Jeannine : un computer de batterie ça nous tentait plus, ça n'a rien à voir avec une simple batterie, tu peux apporter un feeling, une personnalisation complètement différente par rapport à un batteur. Et le dernier batteur n'apportait rien à notre musique. Il se contentait de jouer!

T+ : Perfect Zebra, ça ne te rappelle pas des souvenirs ?

Jeannine : Perfect Zebra, ce sont de sombres petits cons d'anglais chauvinistes!!! On faisait leur première partie au Palace, ils nous ont saboté notre balance, ont arrachés les câbles... Résultat, plein de larsen, on ne s'entendait pas. On ne pouvait pas expliquer ça au public, alors Eric l'a fait comprendre en descendant leur batterie Simmons, on ne pouvait faire que ça!

T+ : ensuite, vous avez eut des ennuis...

Jeannine : oui, avec la maison de disque et la maison d'édition qui ont dû rembouser sans chercher à comprendre... de toute façon, les maisons de disque ne sont plus dans le coup, quand tu penses qu'un groupe qui sort un 33, ne sort pas de vidéo à côté, c'est une grossière erreur !

T+ : 2000 lights years from home, vous n'êtes pas le seul groupe à l'avoir repris cette année?

Jeannine : c'est un hazard, comme quoi on est toujours conditionné par quelque chose. On a écouté les Stones, tout leurs albums y sont passés, puis on s'est dit : si on reprenait un de leurs morceaux? Celui là s'intégrait bien avec nos textes. Au départ, il s'appellait 2000 lights years from home, on a un peu changé le nom en l'appelant: 2000 sex years from home. Je ne sais pas comment on pourrait le traduire en fait, ce n'est pas tellement traduisible. T'es à 2000 années sex de chez toi...t'imagine ce que ça peu donner ???...

T+ : Renaud donne aussi dans la BD

Jeannine : ah oui! Renaud fait des scénarios de BD avec une amie des WC, Valérie, qui fait les dessins, de très beaux dessins d'ailleurs. Cette BD va sortir dans un ou deux mois sous le nom de Herpès,... t'imagine le genre de truc! Ils l'ont vendu à Métal Hurlant.

T+ : Renaud a toujours été influencé par la BD dans ses textes...

Jeannine : la BD est tellement liée au rock, on a tous une culture de kids, on est jeunes, on est jeunes! (rires). C'est ça qui est bien, et ça n'existé pas avant, la culture est de plus en plus axée sur la jeunesse, regardes la BD à la télé. Au niveau des paroles, ça se ressent énormément.

T+ : et toi, tu n'en fait pas?

Jeannine : ah non! Je ne sais pas dessiner. A la rigueur faire des textes,...enfin, on verra.

T+ : tes parents, comment ont-ils réagis lorsqu'ils ont su que tu faisais du rock ?

Jeannine : mes parents n'ont jamais réagis à ce que je faisais. Bon déjà c'est réglé! Ils s'en foutent royalement. J'ai toujours passée plus de temps à leur donner une éducation qu'eux n'en ont passé à m'en donner une!!! Les parents de Renaud, par contre ont très bien réagis. Il a déja deux frères dans le milieu artistique (famille d'artistes). Et puis pour Eric, ses parents s'en foutent aussi. Je n'ai pas de conflits avec mes parents à part l'éternelle question : - mais qu'est-ce que tu vas devenir ?

T+ : ton avenir, tu le vois comment?

Jeannine : je ne sais pas, je vis le présent de toute façon, je suis optimiste, j'ai envie de faire plein de choses, on n'a pas envie de stagner dans notre musique, l'expression c'est aussi les vidéos, les images. Une bonne chose, on fait ça à plein temps.

T+ : tu en vis bien?

Jeannine : non, on en vis pas bien, enfin, si, mais pas financièrement, autrement on en vit bien. On est libre, libre de ce que l'on fait.

T+ : mais justement, CBS ne vous influence-t-il pas sur le plan musical: Captain Valium qui devient Poupée BeBop?

Jeannine : disons que c'est évident qu'ils t'influencent quelque part, parce qu'il faut faire quelque chose de commercial. Mais, faire quelque chose de commercial, ça n'a pas qu'un côté négatif, c'est essayer d'être attentif à ce que demande le public, et de le leur apporter. Nous on a envie de faire ça, mais en apportant en plus une touche personnelle. Tiens, prends la pub, c'est l'optique commerciale pure, mais tu as des choses dans la pub qui sont super! des choses qui expriment plein de trucs. C'est un langage nouveau,...Mais il ne faut pas tomber dans ce que l'on appelle la soupe, car, si ça n'apporte rien, ça n'a pas d'intérêt.

T+ : les WC sont ils conscient d'apporter quelque chose au rock?

Jeannine : je crois sincèrement qu'on lui apporte quelque chose. Que l'on apporte quelque chose à la vie général, on n'est pas des révolutionnaires, simplement des transgresseurs! On veut séduire les gens...

T+ : et vous y arrivez!!! Salut et merci Jeannine.

Jeannine : YAK ! YAK!

24.03.1984 - Stéphane Dévé - WC3 sera en concert à Rouen en début mai

 

Courant janvier, sortie de l'album

"La Machine Infernale"

ensuite une floppée de concerts dont :

- Anguoulème au Festival de la BD

- une télé à Amiens enregistrée dans une église

- Le primtemps de Bourges

- un festival à Sully sur Loire

- ..etc...

+ the last one : Grenoble






« Ni rouge ni noir ni slogan clair ! » :

1978 « A3 dans les Waters vous dilate les sphincters »

1979 « A3 dans les Waters, une nouvelle manière de plaire ! »

1981 « Stars ou clochards »

1983 « Du beat et de l’accus » « Nous sommes les Swingeurs Dégoûtants »…

1984 « le Clodo Tour »

Les WC3 s’installent au Studio Parisien pour répéter , mettre au point divers concerts et pour préparer la tournée qui accompagne la sortie du nouvel album : La Machine infernale .

Au bar du Studio Parisien , Nicolas , Sandrine et Saxo accueillent tous les rockers de l’époque, les WC3 rencontrent leurs héros ,font le plein de rock’n’roll et de bon esprit et y installent leur nouveau QG.

 

La machine est lâchée sur scène pour la première fois à Lille en première partie des Lords of the New Church . Les « Swingeurs Dégoûtants » s’y montrent rayonnants et sauvages.

Une télé est enregistrée dans une église , les WC3 interprètent « In Heaven » et « 2000(sex) light years from home » apparaissent sous influence psychédéliques limite gothiques ,et comme pour accélérer leur damnation ,ils piétinent la bible et se vautrent dans les bénitiers. . .

Ils mettent au point un show spécial pour le festival de la BD d’Angoulême. Ils s’y produisent sous le nom de Ririff, Fifix & Louloute et canardent le public de riff moqueurs, Al Tatou et Bruno Blum taguent des petits mikés derrière la scène pendant le show, Manneval relaie le buzz sur Europe 1.

La machine commence à émettre quelques couacs… Au « Printemps de Bourges » les WC ont bien du mal à contenir la machine , la violence augmente d’un cran , la sono explose sur le final de «La Machine Infernale ».Tous les voyants sont au rouge, la tournée s’annonce apocalyptique.

Pour faire un doigt à l’oncle Picsou de la Columbia qui refuse de mettre un copeck sur la tournée , les WC3 l ‘appellent « le Clodo Tour », Ludo (manager), Grand Fuck Off (régisseur), Régis (lumières) et Gazoo (Backline) resserrent les boulons, sur les affiches les WC3 sont pieds nus et en loques , les décors de scène sont des affiches de films pornos , le mécano se la touche, la machine commence à fumer.

Des bandes annonces truffés de messages subliminaux sont envoyés à toutes les radios.

 

Première date du Clodo Tour : Grenoble , avril 1984 : La machine s’emballe ,Sally danse la mortelle dance ,mortelle dance, mortelle dance …

 

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